Les p'tits coins
Dans nos campagnes les maisons du village
Tenaient dressées dans le fond du jardin
Une vieille cabane isolée sous l'ombrage
Ma foi discrète qu'on app’lait les p'tits coins
Tout notre monde y faisait une retraite
Au pas de course ou bien l'pas nonchalant
Discrètement sans tambours ni trompettes
Tout en priant qu'il n'y ait personne dedans
Refrain:
Oui les p’tits coins les p’tits coins de notre enfance
Sont aujourd'hui les souv'nirs partagés
D’une confrèrie silencieuse de résilience
On l'a vécu on n'l'a pas inventé
L’été mon Dieu bestioles en abondance
Vers à queue d’rats les grosses araignées
Qui provoquaient parfois l’choix d’l'abstinence
Plutôt qu’l'idée folle de cohabiter
Des hurlements soudains la voix stridente
Quand l'une d'entre elle osait se présenter
Au pire moment un peu fière nonchalante
Un coup au coeur la syncope assurée
Pour nous petiots ce trou faisait très peur
Inadapté pour notre corpulence
Quant aux adultes siégeaient en grands seigneurs
Se fichant bien des monstres en somnolence
Qui se cachaient à l’affût pour nous prendre
Avec ces mouches vertes bleues excitées
Qui bourdonnaient sans cesse pour s’faire entendre
On négociait pour s’faire accompagner
Combien d’angoisses devant l’abysse béant
Noir de mystères effrayant comme la nuit
Cette fosse sans fond là sous nos pieds tremblants
Sur un plancher qui craque un peu pourri
Les troufignons s'informaient sur l'autel
Feuilles de journaux en guise de papier
Un oeil rapide sur les dernières nouvelles
Puis le néant une fois utilisées
En plein hiver encore une grande école
Avec la culotte calée en-d’ssous des g'noux
Triste constat toute petite et toute molle
Avec le froid faisions vite pour le coup
Tard dans la nuit frissons dans tous les membres
Quant à l’idée d’courir dans la nuit noire
Vive l’inventeur du confort d’un pot de chambre
Qu’il soit béni un grand luxe notoire
La taupe qui fouille s'écriait le grand-père
J'm'en vais aux chiottes faire un tour au jardin
Il faut que j'me grouille m’occuper d’son affaire
Car la sale bête n'est vraiment pas très loin
Tout en fumant s'installait dans la zone
Coups de semonce fumée blanche par le toit
L'espace prenait des allures de cyclone
Lui satisfait quittait l’fumoir pantois
Toutes ces senteurs parfums pestilentiels
Et au printemps les odeurs du grésil
Derrière la porte au faîte un bout de ciel
Servait de phare concentré immobile
Nous l’savons tous nous sommes bien peu de choses
Dans ces moments la méditation s'accrut
Quelles grandes épreuves qui n’sentaient pas la rose
Pour celles et ceux pétants plus haut qu'leur cul