Les silences du corps
Je vous parle de la douleur la physique pas celle du cœur
Nous craignons les maladies et leurs souffrances infinies
Qui viennent frapper à notre porte sans prév’nir peu leur importe
Je veux juste vous faire sourire isolons c’qu’il y a de pire
Des alertes dans le dos plus sévères qu’un lumbago
Tout le mordant d’une brûlure sans omettre celle d’une coupure
Un peu d’arthrose avant l’âge une grosse molaire qui s’enrage
Le dentiste à la bonne tête qui abuse de la roulette
Refrain :
Quels grands trésors les silences du corps
Quand les douleurs dorment de bon cœur
On peut l’chanter oh bah oui mais pas trop fort
Laissons dormir toutes ces vilaines douleurs
Mauvaises verrues sous les pieds sur les doigts ou sur le nez
Petites grosses juste assez pour vous gâcher vos journées
Elles vous narguent insidieuses vous rappellent belliqueuses
Qu’un petit rien trois fois rien peut vous rendre bien chagrin
Naissance d’un ongle incarné une écharde mal placée
Des migraines pendant des heures qui se trainent toutes en longueur
Des amygdales toutes enflées une gorge rouge enflammée
Une otite en pleine nuit deux trois jours d’torticolis
Ce p’tit rhume pas méchant qui vous rend tout nonchalant
Le nez plein comme un panier plus moyen de respirer
Une fièvre carabinée une crampe dans un mollet
Ou alors dans l’bas du cou ça ce n’est pas mal du tout
Même les plus gros fiers à bras se résignent au profil bas
A la vue de l’infirmière souriante et jamais fière
Le slip au niveau des g’noux bon sang qu’i’fait chaud d’un coup
Attention point d’maladresse vlan une piqure dans les fesses
D’un seul coup v’là la tripaille qui dans l’ventre livre bataille
Ca gargouille ca vous tortille ça se noue ça fait des vrilles
A grands coups d’chaud ça vous lance nom de d’là vite y’a urgence
Une cuvette ou un bidet par pitié je vais m’vider
Je n’oublie pas les tabous dont on parle que chez nous
Tel ce mal des plus perfides les méchantes hémorroïdes
On apprend que l’trou d’son cul même si on ne l’a guère vu
Règne en maître mène la danse grand seigneur par excellence
Qu’on soit moche quelconque ou beau mince petit grand maigre ou gros
Les célèbres les inconnus les discrets les « m’as-tu vu »
Chacun sa part de supplices avec un brin de justice
Car tout l’monde est concerné plus ou moins c’est accordé
On n’prend pas toujours conscience de ce corps qui fait silence
La richesse de ces moments qui s’écoulent paisiblement
Quand les voyants sont au vert c’est plutôt une bonne affaire
Si l’esprit se montre subtil notre corps est bien fragile